Carmen, propriétaire de Fosetter dans le quartier chinois de Montréal, raconte ce qu'il faut vraiment pour durer dans le commerce du ginseng américain.
Deux ans pour entrer dans le métier, cinq ans pour en trouver la voie, dix ans pour aiguiser une épée.
Comment je suis arrivée au ginseng
Avant d'ouvrir la boutique en 2015, je vendais déjà du ginseng américain en gros à partir d'un petit condo.
Il y avait un fournisseur, un « uncle », qui faisait les achats pour nous. Je tiens à le remercier ici. Sans lui, je n'aurais pas eu la chance de me lancer dans le ginseng américain. Il vérifiait aussi la marchandise pour moi, et parfois il m'aidait à en apprendre beaucoup sur le ginseng américain.
En 2016, pour apprendre à connaître le ginseng américain, on est toujours restés en contact avec les producteurs. On faisait l'aller-retour entre la région de production en Ontario et le Québec des dizaines de fois par année. Alors oui, on y a vraiment mis du temps.
Au Québec, comme ce n'est pas une région productrice, il n'y avait jamais eu de marque. Alors on a créé notre propre marque, Native Ultra, et on a fait enregistrer la marque de commerce chez un avocat. Et on a continué comme ça depuis.
De la marchandise pas chère, et des radicelles plein la boîte
Quand je partais de zéro, certaines personnes me disaient, viens avec moi à la ferme, la marchandise est tellement pas chère. Je n'y suis pas allée, parce que je suis un peu paresseuse.
Plus tard, de la marchandise est arrivée, vraiment pas chère. Mais quand on l'ouvrait, les radicelles faisaient déjà presque le tiers.
Après ça, j'ai réglé la question avec les fournisseurs. À moins que je commande des radicelles à part, chaque boîte arrive sans radicelles, ou avec une toute petite proportion, celles qui se sont cassées d'elles-mêmes. Peu à peu, ils ont compris que je veux de la bonne marchandise, et peu à peu ils ont trié la meilleure pour nous. Bien sûr, on est très reconnaissants envers ceux qui font ce tri pour nous, en coulisses.
Pourquoi ça prend dix ans
Honnêtement, le ginseng américain, ou les produits de santé haut de gamme en général, ont une grande particularité. Il faut faire des réserves, et il faut avoir un certain capital.
Si tu n'as pas assez de stock, ton prix est très difficile à stabiliser. Le marché bouge, les prix montent ou descendent. Ce n'est pas tout le monde qui peut faire ça.
Je trouve que si on le fait juste un peu, à côté, ça ne mènera probablement pas loin. Nous, on a enregistré la marque, on a fait de bonnes réserves, et on a bâti tout le réseau de vente. Ça prend au moins trois à cinq ans.
D'où le dicton. Deux ans pour entrer dans le métier, cinq ans pour en trouver la voie, dix ans pour aiguiser une épée.
Quelques dizaines de milliers, et puis je suis devenue accro
La première fois que j'ai investi là-dedans, ce n'était pas beaucoup au départ. Quelques dizaines de milliers.
Au total, au fil des années? Cinq chiffres, six chiffres, c'est sûr. Sept chiffres, en fait, on y est déjà.
Et après, je suis devenue accro. Vraiment accro.
Venez dire bonjour à Carmen chez Fosetter, au 78, rue De La Gauchetière Ouest, à Montréal.




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